26 février, 2011

Jour 26 - Dernier jour...

Dernier post écrit au Cambodge...!

Au cours de ce voyage, j'ai rencontré plusieurs Cambodgiens qui s'auto-décrivaient comme un peuple qui se la coule tres douce, et que c'est pour ca que le pays finirait dans les mains des Chinois et des Vietnamiens, qui seraient bien plus entrepreneurs et ne seraient pas du genre a lacher facilement. 

Jusque la, le raisonnement tenait la route. Mais aujourd'hui, je n'ai vu que des Cambodgiens qui s'envoyaient, et qui s'envoyaient sévere. 

Ce matin, d'abord, en allant au shopping centre de Phnom Penh je suis tombée sur une piste de roller au dernier étage (qui offre aussi une vue panoramique sur la ville),. Et attention comme ca envoie du paté impérial ! Les petits jeunes se lancent, se ramassent, se font mal, mais rigolent, se reposent un peu et repartent, et alleeeeez, que je te renvoie une figure dans la vue !

Ce soir, ensuite, en me rendant a un spectacle de danse gratuit organisé par le Centre Culturel Francais, j'ai hal-lu-ci-né. Le spectacle était officiellement en 2 parties : une premiere orientée danse hindue (tres bien) et une deuxieme, mélange de positions de combat traditionnel et de hip hop (tres tres bien)... et finalement une troisieme, apres que tous les danseurs aient salué : la musique hip hop est repartie pump-it-up, les danseurs sur scene ont invité un groupe de jeunes a casquette a monter sur scene, et BAM ! BATTLE ! Et battle de haut niveau, en plus ! Genre helico, saut périlleux avant-arriere-cote, et vas-y que je m'envoie sur la tete, ah puis non attends je vais rester sur mon bras gauche pendant 10 mn, plutot... 
TROP bien ! 

Bon il faut que j'y go, les gars de la guest house veulent aller se coucher et je suis un peu dans le chemin... Il est vraiment plein surprises ce pays...

24 février, 2011

Jours 24 et 25 - Mini post

Mini post parce qu'hier je n'ai absolument rien fait - et c'etait pas mal ! -, et parce qu'aujourd'hui je prends le bus pour retourner a Phnom Penh, mon avion repartant dans 2 jours...

Bon j'ai quand meme rencontre un mec assez infect hier qui parlait investissement, marchés financiers et tout ca, et qui disait qu'il trouvait ridicule que les marchés s'affolent alors qu'une poignée de Libyiens font genre ils sont énervés... Je ne regarde pas des masses la TV, ici, mais quand meme assez pour pouvoir lui dire gentiment qu'il était completement a cote de la plaque (ce con) et qu'on parlait de plusieurs centaines de morts, tout de meme (mais quel CON !!!). Houuuu j'etais venere...
Enfin tout ca pour dire que j'aurais vraiment rencontré pleins de gens durant ce voyage, du gars qui vient au Cambodge parce que c'est pas cher et qu'on peut bien faire la fete avec pleins d'anglophones, a celui qui vient pour apprendre les traditions et partager avec les locaux uniquement. Et du coup j'aurais été vue tour a tour comme une aventuriere hippie qui n'a pas froid aux yeux et comme une grosse touriste occidentale ultra frileuse... 
Un vrai voyage dans la relativité, quoi !

23 février, 2011

Jour 23 - Désolée mémé...

Hem hem, alors... J'ai completement poussé mémé dans les orties, en fait.

J'ai loué une moto-bike hier aprem'. Pour la conduire toute seule. Parce que franchement, c'est frustrant d'etre dans une ville et de ne pas etre independante pour aller voir les sites alentours. Et puis j'ai rencontré pas mal de personnes qui ne conduisaient pas dans leur pays d'origine mais qui avaient finalement pris une moto ici, et elles étaient toutes tres contentes.
Du coup j'ai pu aller me perdre sur des chemins parfois un peu terreux, aller jusqu'a la mangrove, traverser un pont pour aller de l'autre cote de l'estuaire, voir la frontiere thailo-cambodgienne, ne pas trouver une plage et a la place me faire prendre en chasse sur quelques metres par, d'abord, un petit chien, puis, par deux gros rotweiler. Flippant ce coup-la, mais en fait ils voulaient juste me dire que hey poulette ici c'est leur territoire, donc mes molets sont toujours intacts.


Hier soir j'ai passé pas mal de temps avec la partie hollandaise du groupe rencontré la veille (2 jeunes Hollandais qui bossent dans la finance) et Calvin, my US-friend. Ca y est on a installé notre QG au Paddy's Bamboo Pub, tenu par Paddy, l'un des Cambodgiens (et oui !) les plus gentils du monde, et hier soir on a joué a une version US de la bataille corse - ce sont les Cambodgiens qui ont gagné, ces salauds !

Tout va bien, quoi...!

22 février, 2011

Jour 22 - Ou j'apprends a apprecier Koh Kong

(Parenthese sur la fin de mon Lucky Day : en allant me coucher le soir, j'éteins la lumiere et regarde un peu la télé. Il y a des geckos qui courent sur les murs - j'adore ces bestioles parce qu'elles bouffent les moustiques. Et puis j'en vois un qui court au plafond, mais avec une démarche assez peu reptilienne. Je regarde mieux et... c'etait une araignée géante ! Avec de looongues pattes velues ! Quand j'ai rallumé la lumiere elle s'est immobilisée pendant une quinzaine de minutes, puis elle est repartie en sens inverse, elle est descendue avec son fil en plein milieu de la piece et elle est allée se cacher quelque part dans la chambre. Il m'a fallu beaucoup de force de conviction contre moi-meme, mon duvet bien serré sur le menton et la moustiquaire calée de guingois dans le plafond en contreplaqué pour reussir a ré-éteindre la lumiere avant de m'endormir... J'ai changé de guest house.)

En ce nouveau jour 22 nous avions prévu d'aller faire du kayak, ma US-friend Calvin et moi. Mais le gars qui aurait du nous louer l'embarcation, un vieil allemand pas tres sympathique, n'etait toujours pas réveillé a 11h du mat - ce qui, au Cambodge, ou tout le monde se leve a 5h du mat' avec le soleil, est tres bizarre. Du coup nous nous sommes rabattues sur un tuk-tuk pour aller jusqu'a la cascade de la Tatai. Et on a passé toute l'aprem' dans l'eau, a essayer de nager contre les courants, a s'offrir des "free massages" en se calant sous l'eau qui tombait de la cascade, a bronzer, a papoter avec un groupe franco-hollandais... La dolce vita, quoi !

Puis nous rentrons. En allant diner je retrouve la partie francaise du groupe : un jeune Nantais tailleur de pierre qui passe plusieurs mois au Cambodge pour apprendre a tailler des Buddha (ca change de tous les bénévoles et profs de langues croisés jusqu'ici). Il avait loué une moto, donc il me propose de me montrer a quel point c'est facile de conduire. Nous nous éloignons un peu et allez, c'est parti, cours de conduite ! C'est vrai que c'est pas compliqué, mais de la a en prendre une toute seule, faut pas pousser mémé dans les orties, non plus... 
Comme il n'avait pas mangé nous reprenons la moto pour aller vers le marché. A peine avions nous décollé que, a nouveau SCHHOUUUUF ! Grosse averse de psychopathe. Il nous a fallu seulement 5 mn pour rejoindre le marché, mais nous étions pire que trempés. Et nous voila a debarquer, avec nos fringues toutes degoulinantes, de nuit, dans une echope tenue par des locaux. Il y en a qui rigolent, d'autres qui font une tete du genre qu'est-ce-que-vous-venez-faire-ici, mais bon, mon nouveau pote Nantais discute en pseudo-Cambodgien pour essayer d'avoir a manger, et on finit par s'assoir a table. Il y a un vieux monsieur en face de nous qui me propose de gouter a son plat, puis qui n'arrete pas de transvaser de la viande de son assiette a celle du Nantais, tout ceci sans dire un mot mais avec un visage a la fois posé, fier et plein de gentillesse. Et puis a la fin, sans qu'on sache pourquoi, il nous paye le repas. Comme ca. Et puis histoire de finir en beautéil nous offre des clopes. Ouf, le mec...

Donc je suis bien contente parce que j'ai finalement retrouvé mon Cambodge du début...

21 février, 2011

Jour 21 - Lucky day

Ca y est, je suis saoulée du bus !!!

Officiellement, aujourd'hui, je devais faire 3h30 dans un minibus avec mon propre siege et coté fenetre. C'est ce que m'avait dit le gars de la réservation (moi j'avais rien demandé, mais si il insiste...). A la place, j'ai eu droit au pire trajet de bus depuis que je suis la...
Tout a pourtant bien commencé. Je m'assoie au fond du bus, plein de place, a l'aise, bien. Les basses du bus sont a fond et c'est un peu relou mais c'est pas grave. Et puis le bus a commencé a se remplir, et je me retrouvée coincée entre, a ma droite, une jeune Cambodgienne, et a ma gauche, la pile de bagages de tous les passagers. Bon, ca va. Et puis vingt minutes apres etre partis un sac me tombe dessus. Brrrrref, ca arrive, relax, je suis en vacances. Et puis au bout de 2 heures nous nous arretons et changeons la configuration des sieges. Désormais, j'ai une fenetre a gauche, mais j'ai surtout l'oreille gauche directement dans l'enceinte, qui diffuse cette p***** de varietoche cambodgienne. Mais bon, c'est normal, chacun son style musical, C'EST PAS GRAVE, HAHA, C'EST CA LE VOYAGE. Et puis le bébé devant nous commence a pleurer. Genre, vraiment pleurer, pas juste un petit sanglot de temps en temps, non non non, une longue complainte ininterrompue du genre je-fais-mes-dents-je-souffre-et-je-veux -que-vous-en-baviez-aussi. MA FOI, pauvre bébé, C'EST PAS A FAUTE, HMMM ?? Et puis les deux mecs a cote de moi font arreter le minibus pour s'acheter un paquet de clopes. AH BAH OUI, TIENS, SI ON FUMAIT DANS 5 m3, HEIN, CA C'EST UNE BONNE IDEE, et puis surtout on va faire bien attention a fumer chacun son tour comme ca on est surs qu'il y a toujours la meme dose de nicotine dans le bus. OK, OK, on ne S'ENERVE PAS, je peux ouvrir ma fenetre... Yi haaa ! Fenetre ouverte, cheveux aux vents, oreille dans l'enceinte, tout va bien, zen. Il y a meme une petite pluie rafraichissante qui me tombe sur le bras. Tiens c'est marrant elle fait des grumeaux, ici, la pluie ??? HA HA HA BEN NON, SUIS-JE BETE !! C'EST LA GAMINE 3 SIEGES DEVANT QUI EST EN TRAIN DE VOMIR PAR SA FENETRE !!! Ah bah ouai c'est con, avec la vitesse, nos fenetres communiquent vachement bien !!!
Le trajet de bus de ma vie, je vous dis...

Je suis bien arrivée a Krong Koh Kong, cela dit, avec a peine 2 heures de retard. A l'aise, quoi !! J'atterris avec ma nouvelle pote américaine dans une guest house cambodgienne, pas trop mal. Sauf que la douche de sa chambre ne fonctionne pas et que ma porte ne ferme pas a cle... Ils reparent sa douche et je change de chambre. J'A-DORE CETTE JOURNEE.
Je pars a pied faire un petit tour de la ville, et le temps est tres étrange, un peu orageux. J'entends un gros coup de tonnerre, je sens un vent tres frais, j'ai juste le temps de me réfugier dans le Paddy's pub (comme par hasard) et SCHHHHOUF ! Mega-verse. Bon au moins je suis a l'abri. 

Dans ces cas-la, c'est comme quand on se retrouve a Paris, ligne 13 direction Clichy a 18h45, on a le choix : soit on devient tout rouge et on tape tout le monde, soit on est explosé de rire. C'était tellement incroyable que j'étais morte de rire. Parce que sérieusement ? Tous ca en une journée ?! C'est forcément une grosse, grosse blague...

20 février, 2011

Jour 20 - Kampot

Il y a des endroits qui sont tres sympa de jour et vachement plus glauques de nuit. C'etait le cas de ma guest house de cette nuit. Pour resumer, j'ai dine entre les odeurs de reflux de la riviere et un vieil Allemand qui venait d'appeler sa compagne pour la nuit ("yes, you can come, my girlfriend's gone to bed already"). Soit dit en passant, c'est drole comme a chaque fois que je suis confrontee d'un peu pres a la prostitution, ca me revolte... Genre normal, le gars vient de se faire plaisir en s'offrant un crabe, maintenant il se paye une fille, demain ce sera une paire de tongues, apres-demain un tour en bateau... Vive le tourisme, quoi. Mais bref passons...

Aujourd'hui, apres avoir change de guesthouse, je suis allee faire un tour en moto-dop dans la campagne kampotienne avec un guide. Et j'ai fait mon premier mini-parcours de speleo de ma vie a Phnom Chhnork  ! C'est une grotte qui renferme (forcement) un petit temple, qui lui meme renferme un stalagmite et un stalactite, dont l'eau qui s'en egoute permet de reduire les problemes de fertilite. J'ai garde mes distances. Apres ca les enfants-guides m'ont propose de m'enfoncer plus avant dans la grotte, et bien sur j'ai dis oui, et en fait c'etait plus du tout un chemin, c'etait plus de l'ordre du goulot ou du presse-livre. On avait deux lampes-torches pour cinq, et on evoluait en dessous des chauves-souris, et les enfants n'arretaient pas de me dire "You're ok, miss ? Mind your head ! Attentiong' la tete ! You're ok miss ? Not afraid of bats, it's ok !". Et j'etais ok, meme si les bats en question volaient assez bas parfois. 
Puis j'ai vraiment fait ma touriste en allant manger du crabe grille a Kep (et c'est vrai que c'est bon), en passant par une plantation de poivre (le poivre de Kampot est super famous) et en m'arretant dans les marais salants.

Et puis demain, je suis super contente parce que finalement je vais pouvoir aller a Koh Kong et donc me rapprocher de la chaine des Cardamomes - j'avais failli abandonne l'idee parce que je m'etais mal organisee, mais finalement j'ai vu que c'etait possible. Il me reste six jours avant de retourner a Phnom Penh, et je vais pouvoir en passer quelques uns dans la nature, loin des plages et des iles touristiques... Le panard, quoi !!

19 février, 2011

Jour 19 - AAAAAAH, LA MEEEEEER !!!

Je suis partie de Phnom Penh ce matin et j'étais bien contente !

En un soir je n'ai rien pu retrouver de la bonne atmosphere que j'avais percue en arrivant il y a une vingtaine de jours. Alors soit c'est simplement parce que je suis allée dans le mauvais quartier, soit c'est parce que je suis devenue moins naive et que je negocie les prix des tuk-tuk et motos a chaque fois et du coup les sourires en retour sont moins francs, je ne sais pas. Toujours est-il que j'ai beaucoup plus senti la rancoeur des différents chauffeurs. Coté gastronomique, maintenant que je suis un peu moins frileuse, j'ai marché un peu pour trouver un restau a peu pres local, et, pas de chance, je l'ai trouvé ! J'ai tenté un quitte ou double en commandant un plat qui ne me parlait pas du tout et... bon, au moins j'ai mangé pour pas cher ! Ca ressemblait a une soupe faite avec de la peau de sushi (des algues, donc,), et de l'oeuf bouilli, servi dans un grand saladier pour moi toute seule, petite veinarde que je suis. Apres quelques minutes de cette dégustation, je crois que le serveur a compris que j'étais un peu perdue, il a eu pitié et il m'a proposé du riz vapeur pour aller avec. C'était toujours aussi peu goutu, mais au moins je mangeais quelque chose de consistant.
En rentrant a l'hotel, j'arrive au sommet de mon Kilimandjaro et la je vois un gros truc qui court sur le sol puis qui s'arrete. C'était une grosse blatte dégueulasse, grande comme quand je colle mon index a mon majeur - et j'ai les doigts dodus - et elle sortait de la salle de bain ! Digoulassss ! Bien sur je ne pouvais pas la tuer parce que d'une, il aurait fallu que j'arrive a la choper, de deux, si j'avais réussi, ca aurait fait un bruit ignoble (CRRRSCHMOUSCHTCRRRR !), et de trois, je ne voulais pas m'attirer un mauvais karma. Donc elle est restée sous mon lit toute la nuit. Et ca va, j'ai bien dormi. Mais pinaise j'aime pas les bestioles taille Gulliver.

Mais bref, je disais donc, JE SUIS PARTIE de Phnom Penh. Dans le bus je me suis fait amie avec une mere et sa petite fille, avec qui on a partagé des litchis et des mini mandarines. Les autres occidentaux du bus étaient troooop deg de ne pas avoir de moment privilégié comme ca avec des Cambodgiens vrais de vrais, et je repondais a leur regard envieux par un regard qui disait "ben oui, chérie, moi je suis trop l'amie de coeur de tous les Cambodgiens, t'es deg, hein ?". Jusqu'a ce que j'empoisonne la petite fille. Je ne sais pas pourquoi j'ai pensé que ce serait une bonne idée de donner un cookie bien lourd, bien chimique a une gamine de 2 ans qui a l'habitude de ne se nourrir que de fruits frais et sains, de lait et de riz. Bizarrement son estomac n'était pas trop d'accord. La pauvre petite a vomi sur sa pauvre maman, et moi tout ce que je pouvais faire c'etait dire sorry, sorry, sorry, et tendre morceau de PQ apres morceau de PQ tout en ignorant les regards qui disaient "Amie de coeur des Cambodgiens, hein ? TUEUSE D'ENFANTS, OUI !!". La petite fille allait tres bien apres, cela dit, mais quelle mega boulette, quand meme, j'étais trop mal...

En dehors de cet incident, le trajet s'est bien passé, d'autant plus que le paysage change un peu : j'ai enfin vu la mer !!! Le bus a fait un arret a Kep, petite station balnéaire tres mignonne ou j'etais decue de ne pas m'arreter, puis est arrivé a Kampot, bien moins mignonne, mais plus animée, ou l'on m'a trouvé une guest house génial : sur la riviere, tres agréable (salle de bain partagée, mais 5 dollars la chambre, c'est nickel). Je pense rester demain soir également, et apres... mystere. Il faut que je vois si en une semaine j'ai le temps d'aller voir les Cardamomes ou pas... Je vous tiens au jus, quoi !

Et j'espere que tout va bien dans vos pays respectifs !!

18 février, 2011

Jours 15, 16, 17, 18 - Mise a jour !

Le probleme, quand on n'écrit pas tous les jours, c'est qu'apres on a trop de choses a raconter d'un seul coup. Donc je vous fais un résumé de ces quatre derniers jours en accéléré :

- A Siem Reap, dans une "Silk Farm", on m'a mis un ver a soie dans la main et on m'a montré d'autres vers en pleine "lune de miel", ainsi que l'a élégamment présenté le guide. Concretement : ils copulaient.

- Je suis arrivée hier soir a Battambang apres quelques péripéties de bus. Concretement : 2 heures de retard, mais surtout un prix du billet en fonction de la nationalité. Pour info, sur le podium du PrenMoiPaPourUnCon, la France l'emporte haut la main avec un billet de bus a 4 dollars, suivie de pres par la Republique tchéque et son billet a 5 dollars, tandis que la Suisse est la grande perdante de cette épreuve avec un billet a 8 dollars.
- J'ai dormi dans un hotel battambangais trop ouf. Le Royal Hotel, rien que ca. Comme je suis devenue un peu plus radine ces derniers temps je demande le prix de la chambre la plus cheap. 3 dollars ? Génial ! Concretement : C'est au 4e étage, sur le toit, sans isolation et avec un ventilo tout mou du genou. Les toilettes et la douche sont dehors. Et alors la attention, tu t'amuses pas a aller aux toilettes avec ton livre de 300 pages, non non non, parce qu'au bout de 2mn de hamam-pipi t'as qu'une envie, c'est de retrouver la fraicheur des 30 degres de l'extérieur. Ceci étant dit, j'ai bien aimé l'ambiance du lieu, parce que sur ce toit il y avait aussi un petit restau et des hamacs, et c'etait tres bien pour apprecier le coucher de soleil sur la ville...
- Ce matin, j'ai fait un tour de bambou-train avec ma nouvelle amie tcheque. Le bambou-train, dans ma tete, c'etait un truc un peu pépére, un peu touriste, un peu je-suis-a-retraite-et-j-assume. Concretement : j'etais a coté de la plaque. Le "train", c'est une grande planche de morceau de bambou, qui doit faire 1,50m de large sur 2,50m de long, qui est posé sur deux jeux de roues, et qui fonctionne avec un petit moteur genre moteur de zodiac. T'arrives, tu t'assoies la-dessus. T'es a 50 cm du sol et il n'y a rien qui te protege sur les cotés. Et en fait ca va assez vite... C'est un peu la version "plaine cambodgienne" des montagnes russes. On va a un petit 20km/h, mais en étant aussi proche du sol et en frolant les buissons d'aussi pres, ca parait beaucoup plus. Comme les rails ne sont pas toujours bien en face l'un de l'autre et que les raccords sont souvent faits a l'arrach', on est balloté dans tous les sens et on redécouvre non sans une certaine amertume que l'on a un coxys. Mais c'etait TROP bien !

- Et puis cet aprem', j'etais dans le bus pour Phnom Penh, ou je fais une petite étape avant Kampot, demain, sur la cote Sud. Pour la premiere fois du voyage, je retournais dans une ville que je connaissais déja. Et du coup pour la premiere fois du voyage, j'avais hate d'arriver. Bon au final une fois sur place c'était un peu la galere parce que je n'ai pas pu retourner dans ma Sweet Home qui pourtant aurait particulierement bien porté son nom ce soir, et j'ai terminé a l'Angkor International. Concretement : c'est un hotel pas tres friendly, et dont les chambres les moins cheres (7 dollars, ventilo mais pas de clim, eau froide) sont au 5e étage. C'est vachement haut, cinq étages, surtout sans ascensceur et avec 20 kg sur le dos ! Mais au moins je pourrais dire que j'ai presque fait le Kilimandjaro...

14 février, 2011

Jour 12, 13, 14 - Siem Reap

Nan je suis pas a la traine !

J'ai pris le bus pour Siem Reap avant-hier, le 12. J'étais assise a coté d'une jeune Cambodgienne trop sympa (ben oui, encore) qui m'a gavée de fruits étranges (vous connaissiez, vous, les lichis a peau lisse et les poivrons version sucrée ?) et de Coca Cola pendant les 6 heures de trajet. J'ai du batailler ferme pour réussir a lui offrir un paquet de mini-mentos. Pour se venger elle a  réussi a me faire gouter un criquet. J'aimerais beaucoup pouvoir dire "hmm, c'etait délicieux" ou meme "hmm, c'était une expérience gastronomique des plus intéressantes", mais j'ai juste envie de dire "hmm, c'était dégueulasse".
En arrivant a Siem Reap, comme il ne restait plus de beaucoup de chambres libres, je me suis fait squatter ma chambre par un couple de Francais !! Tout ca sous pretexte que j'avais 3 lits dedans !! Honteux, tout simplement honteux !

Hier j'ai pris un tuk-tuk avec un autre Francais (ben oui, encore) pour aller voir la campagne siem reapaise, ce qui a été l'occasion de faire du cross-tuk-tuk sur les pistes, de rester bloqués dans le sable, de devoir pousser le tuk-tuk, de boire des bieres, de manger vraiment local, de faire la sieste dans les hamacs des boui-boui et de profiter d'un coucher de soleil sur l'un des temples d'Angkor au son d'une guitare, tout ca grace a notre super chauffeur de tuk-tuk qui est trop devenu notre pote.


Et aujourd'hui, je suis allée avec la meme équipe visiter les temples d'Angkor, puis notre magic driver nous a emménés sur une plage tres appreciée des Cambodgiens, ou on était les deux seuls palichons, ce qui ne nous a pas empechés de nous baigner tout habillés dans le Mekong (trop bien). Au passage, quand nous avons dit a notre magic driver que les femmes se baignaient en maillot de bain en Europe, il avait d'abord du mal a nous croire, puis finalement il nous a dit que c'etait "a magical world"...



11 février, 2011

Jour 11 - Children's day

Un peu naze, aujourd'hui ! Je ne sais pas si c'est la chaleur, l'humidité, le vélo ou quoi, mais je suis bien a plat ! Donc juste rapidement :

Ce matin, j'ai repris le vélo pour traverser un pont en bambou tout mou et faire un petit tour sur l'ile d'en face. Avantage du vélo : tu as le temps d'entendre tous les enfants que tu croises te dire "Hello ! What's your name?" avec un grand sourire. Inconvénient : c'est toi qui pédales. 


Cet aprem, tour en bateau sur le Mekong, pour aller dans un des villages d'une autre ile. Nous sommes 5 Francais (pas fait expres, ils sont juste a chaque coin de rue, ici) plus une guide cambodgienne avec un super anglais. Elle nous raconte un peu sa vie et la nana est incroyable : Elle a été serveuse mais décide un jour de devenir chauffeuse de moto-dop, un métier presque exclusivement masculin. Elle se ramasse plein d'insultes et subit des menaces physiques quotiennement mais elle tient bon. Elle n'avait pas sa propre moto donc il fallait qu'elle en loue une chaque jour, et ne gagnait qu'un ou deux dollars au début. Et puis un jour (attention conte de fée), un Anglais qu'elle avait conduit lui a envoyé de l'argent pour qu'elle puisse s'achete sa propre moto. A partir de la pouvait vraiment commencer a gagner sa vie. Elle a fait ca pendant 7 ans. Et puis, depuis maintenant 2 ans, elle sort avec un Francais qui tient un resto et organise des sorties en bateau, et ca va a peu pres, elle arrive a s'occuper de son neveu et a envoyer de l'argent a sa famille. J'ai précisé qu'elle avait 29 ans ?

C'est donc avec cette super woman que nous arrivons au village. Nous sommes immédiatement pris d'assault par des enfants ultra accueillants qui veulent que l'on prenne des photos d'eux. Comme c'est moi qui avait le plus gros appareil, j'ai vite été entérée sous une pile de gamins. Etrangement, ca ne m'a pas dérangée le moins du monde... 

10 février, 2011

Jour 10 - Mais entre, voyons, je t'invite !

A nouveau 4 heures de bus aujourd'hui, entre Kratie et Kompong Cham. 

La route passe par l'une des villes ou je m'etais déja arretée a l'aller, et c'est la que je vois les progres de ouf que j'ai fait.
La premiere fois que j'étais passée a cet endroit, il y a moins d'une semaine, je me rappelle m'etre sentie completement isolee, pas du tout a ma place, je cherchais désespérément des visages occidentaux pour me rassurer, j'avais les chocottes de trop m'approcher des stands ou de trop m'éloigner du bus... Dans ma tete, en boucle ca disait : "qu'est-ce-que-je-fous-la-je-veux-remonter-dans-le-bus-qu'est-ce-que-je-fous-la-je-veux-remonter-dans-le-bus"
Cette fois-ci, en descendant du bus, j'ai juste pas compris : pourquoi elle flippait, la petite occidentale, deja ?
En fait, c'est simple. En arrivant au Cambodge, j'ai eu la meme impression que quand on arrive a une fete habille-e en noir alors que tout le monde est habillé en orange. Tu peux t'amuser, mais au fond tu penses que tous les autres te regardent un peu en biais, que d'ailleurs on ne voit que toi, et que tu peux raser les murs tant que tu veux tu ne pourras jamais passer inapercu-e. Dans ces conditions, tu cherches ceux qui se sont aussi trompé de couleur pour te rassurer un peu et parce qu'a plusieurs on est plus forts. 
Mais depuis quelques jours j'ai inconsciemment compris un truc : j'ai été invitée comme les autres. Le videur ne m'a pas téj' a l'entrée. C'est vrai que ma robe est différente, mais c'est ca qui est bon, et surtout en dessous on est tous pareil. Donc j'ai tout a fait le droit de profiter a fond de la fiesta. D'autant plus qu'ils sont tres ouverts d'esprit, les autres invités, et que ca les intéresse tout autant que moi de savoir mais ou est-ce qu'on a bien pu trouver une robe noire/orange pareille et qu'est-ce qu'on mets dans les poches et pourquoi. Concretement, au Cambodge, ca veut dire que quand je suis la seule occidentale dans un bus, je m'en fouts. Que si des Allemands débarquent je me dit "pff, ces touristes...", que je suis capable de faire 200m toute seule dans la rue avec mon sac a dos enorme sans passer par le tuk-tuk, que j'ai le droit d'aller manger dans des restaurants ou on ne parle pas un mot d'anglais, que je peux sortir mon appareil photo des que j'en ai envie et que je peux prendre un velo et aller me balader sans guide (bien qu'en restant prudente, toujours..). Et ca fait du bien.

Arrivée a Kompong Cham a 12h00. Le temps de manger un morceau et je decide de louer un velo, sans guide, pour aller voir deux collines avec des temples, celle des femmes et celle des hommes (il y a une légende la-dessus, je vous raconterai, ce sont les femmes qui gagnent). C'est a 8 km mais le gars de la location me dit trop easy, baby. Et en fait c'est un peu long, quand meme, 8 km (surtout qu'il y a le retour, aussi). Mais bref, je débarque la-bas, et a peine ai-je garé mon velo qu'un jeune homme me dit "hello" depuis une maison-temple, et juste derriere lui il y a un moine a lunettes. Il me disent, "hey, want to drink, green tea ?". D'une facon générale, quand une phrase commence par "want to drink", ma réponse est "yes", donc j'accepte. Je me déchausse pour entrer dans la maison-temple, et je m'assoie sur une natte dans un coin avec le moine et le garcon. On est bien la, le thé vert coule a flot, on baragouine en anglais, on goute un fruit bizarre (comme une patate mais en forme d'oignon, et qui s'épluche avec les doigts), le garcon pratique son anglais, je fais ce que je peux pour apprendre le khmer, et bientot ca fait 2 heures que je suis la...

Parfois je me demande si je vais réussir a etre blasée, ne serait-ce que 5 mn, pendant ce voyage.


09 février, 2011

Jour 9 : Le Mekong vu de Kratie

Apres 5 nuits passees (a la vitesse de l'eclair) a Sen Monorom, dans l'Est, j'ai décollé ce matin pour Kratie.

Cette fois-ci, pas de bus géant, mais un mini-bus de 13 personnes. Enfin, prévu pour 13 personnes. On m'avait raconté qu'il arrivait souvent qu'il accueille jusqu'a 2 fois plus. J'ai eu de la chance, nous ne sommes alles que jusqu'a 18 personnes. Plein de place, quoi. Dans le mini-bus, pas de clim et pas de petit rideaux a fleur comme dans son grand frere, mais toujours une télé qui diffuse des clips de karaoké (pour vous donner une idée : toute la gamme de la flute de pan et du saxo au synthé joué dans une ambiance de La Chance aux Chansons. Pendant 4 heures). A un moment du trajet, mon voisin me demande par l'intermediaire d'une fille qui parle anglais si je voyage toute seule, sans Cambodgien male. Je dis "eh ouai mon pote, ca s'appelle l'independance, l'egalite des sexes, le woman power !", ce qui donne, une fois traduit en anglais : Hochement de tete et grand sourire. A l'arret suivant, tout le monde s'achete des trucs a manger. Mon voisin descend et revient 5 mm plus tard avec 2 canettes de Red Bull Thailandais, une pour lui, et une pour moi. Cadeau ! Trop, trop gentils, ces Cambodgiens. Si seulement j'aimais le Red Bull...
Trente minutes plus tard, je suis péniblement au tiers de ma canette. Je reprends une grande inspiration et avale a nouveau une grande goulee en apnee. Une fois dans mon estomac, je ré-inspire profondément. Et la... une odeur fetide me rentre en plein dedans. La partie Odorat de mon cerveau dit a mes narines : "putain, les filles, c'est qui le gros dégueulasse qui a laché une caisse ?!", ce a quoi mes narines repondent "tout doux, Alfred, nous on fait ce qu'on peut pour gérer la crise, mais on a pas été formé pour contrer le combo Raclette Froide/Linge Mal Seché/Evier bouché". J'ai meme pas vomis !

J'arrive a Kratie vers 12h, je mange un morceau chez un occidental plutot efféminé qui vend des calendriers des "dolphins men" de Kratie... et je pars a l'assaut du Mekong.
Kratie est connue pour ses dauphins d'eau douce. Pour aller les voir, je monte sur une moto, 20 mn de route, puis je monte sur une barquette avec des Americains et des Allemands, et ensuite il faut attendre un peu. Et en effet, il y a des dauphins tout autour de nous ! Alors oui, ils sont a plusieurs metres de nous et on ne voit que leur dos et leur ailerons sortir de temps a autre, mais pinaise, ON VOIT DES DAUPHINS ! Et on entend les "chouhhff" quand ils sortent de l'eau, et meme sans les dauphins c'est juste magnifique, y'a des petits ilots partout... c'est trop beau, quoi !

Retour dans le centre, et ce n'est pas fini. Tout le long du Mekong il y a des stands derriere lesquels on peut s'asseoir pour regarder le coucher de soleil. Et, pfou, la encore, c'est grave la classe. Pendant une heure entiere j'apprécie ce moment romantique avec ma fraiche canette de coca et tous mes sens, et je suis juste heureuse, en fait !

Demain, départ pour Kampong Cham a 7h du mat...

08 février, 2011

Jour 7&8 - Bill l'americain et Tania la neerlandaise

Avant-hier, journee detente et creation (du blog), RAS, donc. Par contre hier, journee de ouf.

Je n'etais pas contente de mon experience a dos d'elephant, qui ressemblait surtout a un tour de manege enchante a cheval sur Dumbo, en bien moins confortable et bien plus mauvais pour l'elephant. Mais fort heureusement, j'allais pouvoir remedier a cela. En effet, le destin a lache sur mon chemin un French gentleman, la bonne cinquantaine, que je soupconnais etre journaliste a Figaro ou president du Rottary Club mais qui etait en realite ingenieur en batiment. Il etait arrive quelques jour apres moi a Sen Monorom, il avait essaye de se renseigner sur un projet appele "Elephant valley project" mais s'etait retrouve coince parce qu'il ne parlait pas 3 mots d'anglais. Je lui propose donc de venir faire la traductrice.


Nous allons donc voir la personne la plus renseignee sur le sujet dans la ville : Bill. Bill est un americain, sur la fin de la soixantaine, les cheveux et la barbe blanche, une vrai tete de Pere Noel, mais un pere noel borgne, et qui aurait adopte un petit singe plutot que de s'encombrer de lutins. Il nous explique le principe du projet : Soit tu prends la formule pepere a 50 dollars et tu passe la journee a mater les elephants dans leur milieu naturel, tu les vois manger, jouer, se laver, tout ca ; soit tu prends la formule participative a 25 dollars et tu mates les elephants le matin, et tu travaille benevolement l'apres-midi. Of course, nous sommes tous les deux seduits par la deuxieme formule.
Et c'etait genial. Le matin nous partons, avec une Finlandaise egalement, retrouver les elephants dans leur "paradis" comme les cornacs l'appellent a juste titre. Et nous passons toute la matinee a suivre les elephants, a les toucher, a leur donner a manger... Et pour info, un elephant ca trompe enormement certes, mais surtout ca bouffe enormement ! 10 pourcent de son poids (environ 400kg) par jour, avec sa trompe trop balese composee de 24500 muscles ! J'adooooore les elephants !
Nous remontons dejeuner dans le QG des benevoles longue-duree : 3 maisons sur pilotis reliees par des petites passerelles, avec une vue incroyable sur la foret et des hamacs dans tous les coins. Le temps de dejeuner tranquillement, de faire une petite sieste (quand je vous dis que c'est le paradis !) et l'apres-midi commence.
Notre mission : aider a construire une maison. Ce que cela signifie : transporter des briques d'un gros tas enorme jusqu'a la future maison, sur environ 300m, avec 40-50m de deniveles, de 14h a 16h30. Au debut, on faisait tous nos fiers ("quoi, seulement 6 briques a la fois ? Pffff, ridicule, Hercule, envoie les 8"), on descendait rapidement et bien les uns derriere les autres. Puis plus ca allait, plus on etait lent, plus on etait rouge, et moins notre file indienne ressemblait a quelque chose... A la fin j'en pouvais plus de chez plus, j'avais les bras tout durs, les jambes qui tremblaient a chaque pas, enfin bref, j'etais bien contente de retrouver le hamac... Mais c'etait une super experience.


La journee ne s'arrete pas la. Parce qu'apres cette aventure, une douche froide et 20mn de recup, il faut manger. Je retrouve la Finlandaise et un autre americain, et nous decidons d'aller manger a "Bananas". Ce n'est pas dans le centre, mais nous decidons de marcher un peu. Et Bananas, c'est trop marrant. On debarque par une micro allee bordee de bananiers, on arrive devant une porte, on ouvre, et la, on tombe dans la maison d'une dame tranquillement assise a table en train de fumer sa clope et de lire son bouquin. En nous voyant entrer elle dit, en anglais : "Tiens, je n'attendais plus personne ! Mais entrez, entrez, bien sur que vous pouvez manger". Voici Tania, hollondaise d'origine, Cambodgienne de coeur, autour des 65 balais, maigrichonne comme un hollandaise, fumeuse comme un pompier, des petites lunettes rondes et les cheveux au carre. Elle nous apporte le menu, enfile son tablier, et commence a discuter de la dengue, de la malaria, de la prostitution, des helicopteres, enfin d'un peu tout. Son ordinateur diffuse du blues qui gratte et est ouvert sur une partie d'echec ("I love to beat the crap out of the computer"). Selon Tania, il existe troix oxymores dans le monde : "cuisine britannique", "culture americaine" et "justice cambodgienne" (exit Corneille et son obscure clarte qui tombe des etoiles").
Nous mangeons bien, elle parle beaucoup, puis nous rentrons, en essayant d'eviter les chiens sur le retour ("pour les effrayer il suffit de leur mettre la lampe torche dans les yeux et d'agiter la main, ca les desoriente"). Ce fut un conseil bien vite mis en application...

07 février, 2011

Jour 6 - Anita et les éléphants

Souess'a dey!

Tout d'abord, un mot sur hier soir. A 18h30 presque pile poil, je debarque a l'auberge, et le gars de la reception me dit qu'il attend "his friend" pour commencer a boire le rice wine (oui, c'etait pas vraiment une soiree-soiree, plus une soirette), mais qu'en attendant je pouvais aller m'installer dehors sur la terrasse. Ce que je fais, donc. Il revient 3mn plus tard avec une jarre en terre cuite, environ, quoi, 70cm de haut (un avant-bras, main non incluse, si vous preferez), et il commence a m'expliquer le concept. A l'interieur de
la jarre, il y a du riz cuit a la vapeur et un autre truc, et on laisse ces deux ingredients fermenter au moins un mois, dans une feuille de bananier, a l'interieur de la jarre. Ensuite, quand le temps est venu (hier soir, donc), on plante deux grandes pailles dans la feuille de bananier, et on verse de l'eau dans la jarre jusqu'au rebord. Et apres tu bois avec ta grande paille. Des que l'eau descend de 5cm, il faut en remettre, et ainsi de suite jusqu'a ce qu'on ne boive plus que de flotte et donc que la jarre n'ait plus aucun interet. J'ai bien goute, et c'est pas mal, comme du Martini leger. La dessus, "his friend" arrive. En fait, "his friend", c'est ma co-rideuse d'elephant. Une femme toute longue, avec des cheveux blancs qui flottent comme ceux du vieux dans Retour vers le Futur, la soixantaine bien tassee, avec un air tout agite et un accent allemand a en couper une vache espagnole. Mesdames et Messieurs, je vous presente : Anita la Munichoise.
Anita la Munichoise, auteure de phrases mythiques comme "oh you know you can go to Oktoberfest without drinking beer, only WATER" (hein ?????), ou encore "I was amazed by the Vietnamese. I mean, they are Asians like everyone, but better".

Bref, ce matin, ma compagnone et moi sommes parties pour monter a dos d'elephant. Et ca commence, justement, par monter sur le dos de l'elephant. C'est simple : tu prends un elephant de 2m de haut que tu
as prealablement arnache d'un siege en bois, tu lui poses une petite echelle  juste derriere l'oreille, tu pries pour qu'il arrete de bouger, et tu montes. C'est pas du tout casse-gueule. Nous voila partie dans la foret : deux occidentales, une elephante et deux enfants, un sur le cou de l'animal, l'autre pour ouvrir le chemin. Et en fait, je ne recommanderais pas du tout ce genre de balade. D'une part parce qu'1h30 la-haut, ca fait tres vite mal aux fesses, et d'autre part parce que de toute evidence, ce n'est pas du tout le grand kiff de l'elephant, qui a l'air de sentir notre poids (si, si, vraiment !). Mais bref, nous arrivons enfin a notre premier arret : une petite cascade perdue dans la foret. Nous descendons de l'elephant et l'enfant-guide repart avec pendant que l'autre reste avec nous. Nous sommes censees attendre qu'une moto vienne chercher Anita, qui devait tracer vers une autre cascade. Une heure passe. Deux heures passent. Le guide-enfant est revenu, sans elephant, depuis belle lurette. Nous sommes seules au milieu de la foret, nous ne pouvons pas communiquer avec nos guides de 6 et 13 ans (a peu pres), et en plus de ca, il n'y a pas de reseau. Trois heures passent. Anita est en train de nous peter une durite. Ne JAMAIS faire quoi que ce soit de non-efficient ou de mal organise a une munichoise. JAMAIS. Au bout d'un moment je decide d'aller voir les enfants avec mon stylo, un vieux bout de papier et le dico tres tres sommaire du Lonely Planet.
Je nous dessine nous tous, puis un elephant, puis une moto, et je baraguine deux mots, et a force on finit par plus ou moins se comprendre. Pendant ce temps la Anita faisait de grands gestes furax dans tous les sens, en essayant de se faire comprendre en criant fort et en mimant une moto (a voir une fois dans sa vie), et finalement en me prenant comme traductrice. "What did they say? ... But they need to understand we want to go to Palung village! PAA-LUNG!!!"
Finalement les enfants nous disent de les suivre, apparemment jusqu'a l'elephant. Et en effet, a 3 minutes de marche, il est tranquillement en train de prendre son bain. On decide tous ensemble de repartir sur l'elephant. Et la, sur le chemin du retour, enfin, on croise le chauffeur d'Anita. En fait il y avait eu une incomprehension, et on ne s'etait pas attendu au bon endroit... Probleme d'organisation, quoi ! Anita etait on fire.

Bon voila, j'aurais encore un milliard de choses a dire sur la journee et les autres enfants rencontres, et les autres dessins griffones, et sur comment c'est de voyager seule, et sur la gastronomie (ca va venir, David, ca va venir!) et sur pleins d'autres trucs, mais il est temps que j'y aille...

Jour 5 - Les chutes de Bou Sra

Bon j'ai pas trop le temps ce soir, et pourtant la journee a été riche en émotions... Mais pour faire court : tout va bien.

Pour faire un peu moins court : aujourd'hui j'ai fait je ne sais pas combien d'heures de motos sur des pistes de decors de far west (speciale cass-dédi au tonton), les maisons sur pilotis et la poussiere rouge en pleine face en plus. Tout ca, normalement, juste pour aller voir une cascade de ouf. Et en effet, cascade de ouf, mais surtout guide de ouf, qui une fois arrives sur place (apres une bonne heure de moto acrobatique), m'a installée derriere le stand de nourriture d'une dame, pres du hamac et des enfants. Plus tard il revient, et me re-entraine vers les chutes, et la, PAF, il m'assoit avec ses potes sur une natte collective. Et bam, direct, je me retrouve avec une canette de bierre a la main et on me propose une clope. Normal, quoi !

Cette situation meriterait au moins 4 pages pour etre correctement decrite, mais malheureusement je dois retourner a ma nouvelle guest house, qui est vachement plus sympa que la precedente, parce qu'il parait qu'il y a une soiree "vin de riz", donc bon, j'ai pas trop le choix...

Demain normalement je serai sur un éléphant. Je vous tiens au jus !

Jour 4 - Le bus

Aujourd''hui, départ de Phnom Penh pour Sen Monorom, dans le Mondolkiri, a 9 heures de route d'ici.

Ok, alors on se dit, 9 heures dans un bus (8 en realite), que peut-il bien arriver qui vaille le coup d'etre raconte ? Et bien TOUT ; ou presque.

Alors deja l'arrivee a la gare routiere c'est l'anarchie, y'a des bus dans tous les sens et la on peut se brosser pour se faire comprendre en anglais - et c'est tant mieux. Du coup a force de demander a droite a gauche je finis par comprendre la prononciation de ''Mondolkiri" (c'est moundolkirrri, en roulant le r et en insistant sur la 2eme syllabe, si vous voulez tout savoir), et je finis par trouver le bus. Dedans, la proportion touristes/locaux s'est fortement inversee, on est passe a du 10 pourcent grand max. Je me retrouve assise dans le bus avec mon sac a dos dans les pattes parce que forcement, quand on ne sait dire que mounDOLkirri, on ne comprend pas qu''il y a une soute. Ceci mis a part, c'est le grand luxe : un siege par personne, la clim, des petits rideaux aux fenetres et la tele.

Mais bref, on est parti. Premier arret dans une petite ville qui repond au doux surnom de spiderville, car ses habitants en sont friands. J'avais lu cette info dans mon guenial Lonely Planet et je m'etais dit ''super, c est l occasion ou jamais d'en finir avec mes peurs de ces petites betes somme toute pas mechantes''. Bon. La, il faut que je vous explique. Sur les etals, les araignees sont juste ENOOOORMES, avec leurs huit pattes velues et leur carapace noircie a la friture. Sans rire, c'est des mygales, ces saloperie de bestioles. Et franchement, moi j'en avais rien a secouer qu'elles soient mortes, les garces, rien que de m'approcher j'avais des hauts-le-coeur, alors les prendre dans ma main pour les mettre dans ma BOUCHE... Non mais ca va pas, non ? Et puis surtout, sans dec, si il y en a autant dans leur panier, ca doit vouloir dire qu'il y en a au moins le triple dans les parages !!
C'est la que j'ai realise que j'etais un peu precieuse, et que l'aventure dans la foret amazonienne attendrait.


Nous reprenons la route apres cet arret tout fou. Le paysage ressemble beaucoup a l'Afrique (ou en tout cas l'idee que je m'en fais) : il y a des palmiers, des maisons sur pilotis (typique des maisons khmeres, en realite, mais bon, moi j''y connais rien a l'Afrique en meme temps), et pleins d'animaux : des poules, des vaches maigrichonnes (tu prends Kate Moss, tu lui fais subir une liposucion, tu lui retire 5kg de cartilage et t'as une idee de la tete de la vache), des enfants, des herons... tout, quoi !

Bon je passe vite fait sur le dej a base de pringles et de soupe minute cambodgienne, ainsi que sur les clips de musique cambodgiennes diffuses dans le bus (c'est charmant les 4 premieres heures, mais apres je dois reconnaitre que ca saoule un peu), pour arriver directement a destination : Sen Monorom, dans le MounDOLkirrri.

Premiere chose : c'est magnifique. La terre est rouge comme en Australie (en tout cas l'idee que je m'en fait), il y a de l'espace et la ville est toute choupinette. Deuxieme chose : c'est le nouvel an chinois (depuis je suis arrivee au Cambodge, d'ailleurs, j'ai l'impression que ca ne finira jamais), du coup toutes les guest houses sont completes. Heureusement mon chauffeur magique a fini par m'en trouver une, un peu a l'ecart mais ca va. D'ailleurs je crois qu'il revient me chercher, donc je dois y aller. La chronique gastronomique
sera pour un peu plus tard...

Jour 3 - Phnom Penh en touriste

Aroi sou seu day ! (ou un truc dans le genre)

Sok soh beey? Bien ou bien?

Ce matin, j'ai carrément vécu dangereusement : non seulement j'ai pris le muesli aux fruits au petit dej (oui, oui : avec des fruits frais), mais en plus de ca je me suis lavee les dents a l'eau du robinet (oui, oui : du ROBINET). Attention l'aventuriere ! Et mon estomac ne m'a meme pas fait la tete. Donc de trois choses l'une : soit mon estomac est completement laxiste, soit c'est un dur a cuire, soit les guest houses de Phnom Penh sont tellement habituees a avoir des touristes fragiles du transit que l'eau passe par 12000 filtres avant d'arriver au robinet (oui, oui : au ROBINET).

Ce matin, donc, apres cet exploit digestif, je suis allee au palais royal et sa pagode d'argent a pied, histoire de me familiariser un peu plus avec les lieux (avoir une carte avec l'emplacement de la guest house est plutot pratique pour ca, soit dit en passant). C'est beau comme un décor de Disneyland, et meme vachement plus. Il y a des jardins impeccables, des moines qui se promenent un peu partout avec leur peau marron claires et leur robe safran (c'est con mais c'est une parfaite association de couleurs), et il y a meme des petits singes. C'etait tres drole, d'ailleurs, car quand le premier et seul singe s'est ramené a l'entree, nous étions un petit gang de touristes a se dire "oooooh, c'est mignooooon" et a se bousculer pour prendre des photos, et la-dessus arrive un mec de la securite avec son lance-pierres en bois et caoutchouc et BAM !, calmé le ptit singe ! Et nous aussi, d'ailleurs.

Ce matin s'etait aussi ma premiere experience a moto. La moto, pour information, c'est comme le tuk-tuk mais sans la partie caleche-de-golfe. Donc tu montes directement derriere le gars, comme sur le scooter de ton pote mais le casque en moins, et c'est parti. Alors non, ce n'est pas le moyen de transport le plus recommandé, mais comme j'avais vu plusieurs "westerners" l'utiliser, et meme des familles monter a 4 sur la scelle, avec le mari qui conduit, la femme tout a l'arriere et les deux bebes coinces au milieu, je me suis dit
que je pouvais bien le tenter, moi aussi. Bon c'etait marrant mais je vais quand meme rester au tuk-tuk, en bonne touriste docile.

Et puis aujourd'hui je suis aussi allee au musee Tuol Sleng, ou musee S21, du nom de la prison qui a retenu, torturé et exterminé 17 000 personnes entre 1975 et 1979. Seules 7 personnes en ont réchappé. J'ai pu profiter d'un guide qui nous a montre les differentes cellules, expliqué les types de torture pratiques (ca va au dela du sadisme), et parlé des proces passés et a venir. Lui-meme avait une quarantaire d'années et nous a dit avoir été chassé de Phnom Penh alors qu'il avait 15 ans. Il nous a expliqué également que le travail de guide qu'il exercait, personne ne voulait l'occuper, car les Cambodgiens n'avaient pas besoin qu'on leur rappelle chaque jour ce lourd passé pour en
ressentir encore les souffrances.

Voila, c'est tout pour aujourd'hui. Ca roule toujours, donc, et je commence a me sentir a l'aise au point d'oser sortir l'appareil photo ! Je reste prudente, cependant, comme toujours...

Jour 2 - Le jour du moine

Bon, je ne m'emballe pas, je suis arrivée hier a peine, mais JE KIFFE GRAVE LE CAMBODGE!

En survolant le Cambodge en avion, sur les derniers kilometres, j'arrivais pas trop a me décider : ca va me correspondre, ce pays, ou pas ? Et puis en arrivant a l'aéroport la réponse a été assez rapide a venir : Oui !
Déja il n'y avait pas une foule immense en arrivant, donc je n'ai pas eu besoin de faire la queue pendant trois heures. Ensuite les gars derriere le comptoir-visa étaient aimable et pas stressés. Le temps de régler cette affaire et mon sac arrivait sur le tapis roulant - en bon état. Et le must, c'est en sortant l'aéroport : que des petites maisons genre bungalows, et puis un jardin, et une fontaine, et un peu plus loin, un parking, quand meme, mais il se faisait tellement discret qu'on peut franchement dire "parking zen". On m'aurait dit que mon hotel était la, j'aurais juste dis "ok, quelle chambre ?!".
Je suis abordée par plusieurs conducteurs de taxis et tuk-tuk, et choisis l'option tuk-tuk. Le tuk-tuk, pour information, c'est un peu comme une voiture de golf ou une caleche (oui, vla les comparaisons !) sauf qu'on est tiré par une moto et qu'il n'y a pas de place pour les clubs de golf, donc on met son sac ou on peut, surtout quand on monte avec d'autres touristes (dans mon cas un Britannique et une Américaine, mariés et profs d'anglais a Taiwan). Et le tuk-tuk, c'est génial parce que ca fait du 50km/h et qu'on a carrément les cheveux dans le vent et une vue a 360 (les sight-seeing bus sont priés d'aller se rhabiller, merci !).

Bref, arrivée a la Sweet Home Guest House j'ai pris un peu de temps pour me remettre de mes émotions (= j'ai dormi comme une marmotte pour rattraper mes deux nuits de sommeil en retard), et je suis allee diner dans la guest house pour essayer de me faire des amis. Et... bon, je dois encore peaufiner la technique parce que je me suis bien fait un ami, mais sur un total malentendu. En arrivant dans la salle (qui fait aussi office d'accueil, de salon et de coin lecture), je cherche un serveur pour avoir le menu, et il y en a un qui arrive et me dit de m'asseoir, ce que je fais, et lui s'assoit en face de moi. Je me dis hey, c'est cool, on se prend pas la tete, ici ! Il me demande d'ou je viens, blabla, et la il me dit qu'il est nepalais. "Oh yeah?", que je demande, "so you're staying here?". Oui, il est staying here ; il est client, le bonhomme, il est en vacances tout comme moi. Je suis un boulet, donc, mais pour ma defense, to my untrained eyes, rien ne ressemble plus a un Cambodgien qu'un Nepalais (a part, peut-etre, un Taiwanais...). Et donc j'ai appris que Jumle (son surnom) faisait partie de la "higher cast" au Nepal, qu'il avait eu une copine pendant 2 ans qu'il respectait au point de ne l'avoir jamais embrassée, qu'il avait des "gas problem", qu'il pensait que la Marijuana, c'etait moins pire que l'alcool, que Buddha avait été marié et que l'hinduisme, c'était trop facile - tout ceci pendant que je mangeais un fish curry TAILLE DE BON. C'était une bonne premiere soiree.

Ce matin je suis allee faire un tour en centre ville, j'ai bu un jus d'ananas avec des glacons (je vous explique pas ma tete quand j'ai vu arriver les glacons, genre "naaaaaaaaaaaaan, je veux pas passer l'aprem aux toilettes!", du coup je l'ai bu quasiment d'une traite avant que les glacons n'aient le temps de fondre, et tout va bien). Puis je suis allee jusqu'a un temple (pas sure du nom), ou j'ai du enlever mes chaussures avant d'entrer. Il y avait un moine bouddhiste en robe orange qui expliquait des choses a une jeune touriste, et je me suis dit "wouah la chance". Mais comme nous étions dans un lieu de médidation (plus ou moins), j'ai vite chassé cette pensee impure de jalousie de ma tete. C'est surement pour ca que quelques minutes plus tard, Monsieur le moine vient me voir et commence a me parler. "Where are you from?", There are 335 monks here" "there are student from private school, too" et pleins d'autres trucs mais on avait des petits problemes de compréhension, tous les deux, donc c'est a peu pres tout ce que j'ai saisi. Je lui demande si j'ai le droit de prendre des photos, il me dit oui, et meme comme il est choux il en prend une de moi devant des buddhas, et moi une de lui devant les memes buddhas. J'allais partir quand il me dit, comme ca, nature : "Email?" Geeeeeeeeeeeeenre, le moine high-tech, quoi !! Du coup, échange de nos adresses mails, et puis il me file aussi son numero de tel, pour faire bonne mesure.

Quand je vous dis que ce pays est ouf...