Souess'a dey!
Tout d'abord, un mot sur hier soir. A 18h30 presque pile poil, je debarque a l'auberge, et le gars de la reception me dit qu'il attend "his friend" pour commencer a boire le rice wine (oui, c'etait pas vraiment une soiree-soiree, plus une soirette), mais qu'en attendant je pouvais aller m'installer dehors sur la terrasse. Ce que je fais, donc. Il revient 3mn plus tard avec une jarre en terre cuite, environ, quoi, 70cm de haut (un avant-bras, main non incluse, si vous preferez), et il commence a m'expliquer le concept. A l'interieur de
la jarre, il y a du riz cuit a la vapeur et un autre truc, et on laisse ces deux ingredients fermenter au moins un mois, dans une feuille de bananier, a l'interieur de la jarre. Ensuite, quand le temps est venu (hier soir, donc), on plante deux grandes pailles dans la feuille de bananier, et on verse de l'eau dans la jarre jusqu'au rebord. Et apres tu bois avec ta grande paille. Des que l'eau descend de 5cm, il faut en remettre, et ainsi de suite jusqu'a ce qu'on ne boive plus que de flotte et donc que la jarre n'ait plus aucun interet. J'ai bien goute, et c'est pas mal, comme du Martini leger. La dessus, "his friend" arrive. En fait, "his friend", c'est ma co-rideuse d'elephant. Une femme toute longue, avec des cheveux blancs qui flottent comme ceux du vieux dans Retour vers le Futur, la soixantaine bien tassee, avec un air tout agite et un accent allemand a en couper une vache espagnole. Mesdames et Messieurs, je vous presente : Anita la Munichoise.
Anita la Munichoise, auteure de phrases mythiques comme "oh you know you can go to Oktoberfest without drinking beer, only WATER" (hein ?????), ou encore "I was amazed by the Vietnamese. I mean, they are Asians like everyone, but better".
Bref, ce matin, ma compagnone et moi sommes parties pour monter a dos d'elephant. Et ca commence, justement, par monter sur le dos de l'elephant. C'est simple : tu prends un elephant de 2m de haut que tu
as prealablement arnache d'un siege en bois, tu lui poses une petite echelle juste derriere l'oreille, tu pries pour qu'il arrete de bouger, et tu montes. C'est pas du tout casse-gueule. Nous voila partie dans la foret : deux occidentales, une elephante et deux enfants, un sur le cou de l'animal, l'autre pour ouvrir le chemin. Et en fait, je ne recommanderais pas du tout ce genre de balade. D'une part parce qu'1h30 la-haut, ca fait tres vite mal aux fesses, et d'autre part parce que de toute evidence, ce n'est pas du tout le grand kiff de l'elephant, qui a l'air de sentir notre poids (si, si, vraiment !). Mais bref, nous arrivons enfin a notre premier arret : une petite cascade perdue dans la foret. Nous descendons de l'elephant et l'enfant-guide repart avec pendant que l'autre reste avec nous. Nous sommes censees attendre qu'une moto vienne chercher Anita, qui devait tracer vers une autre cascade. Une heure passe. Deux heures passent. Le guide-enfant est revenu, sans elephant, depuis belle lurette. Nous sommes seules au milieu de la foret, nous ne pouvons pas communiquer avec nos guides de 6 et 13 ans (a peu pres), et en plus de ca, il n'y a pas de reseau. Trois heures passent. Anita est en train de nous peter une durite. Ne JAMAIS faire quoi que ce soit de non-efficient ou de mal organise a une munichoise. JAMAIS. Au bout d'un moment je decide d'aller voir les enfants avec mon stylo, un vieux bout de papier et le dico tres tres sommaire du Lonely Planet.
Je nous dessine nous tous, puis un elephant, puis une moto, et je baraguine deux mots, et a force on finit par plus ou moins se comprendre. Pendant ce temps la Anita faisait de grands gestes furax dans tous les sens, en essayant de se faire comprendre en criant fort et en mimant une moto (a voir une fois dans sa vie), et finalement en me prenant comme traductrice. "What did they say? ... But they need to understand we want to go to Palung village! PAA-LUNG!!!"Finalement les enfants nous disent de les suivre, apparemment jusqu'a l'elephant. Et en effet, a 3 minutes de marche, il est tranquillement en train de prendre son bain. On decide tous ensemble de repartir sur l'elephant. Et la, sur le chemin du retour, enfin, on croise le chauffeur d'Anita. En fait il y avait eu une incomprehension, et on ne s'etait pas attendu au bon endroit... Probleme d'organisation, quoi ! Anita etait on fire.
Bon voila, j'aurais encore un milliard de choses a dire sur la journee et les autres enfants rencontres, et les autres dessins griffones, et sur comment c'est de voyager seule, et sur la gastronomie (ca va venir, David, ca va venir!) et sur pleins d'autres trucs, mais il est temps que j'y aille...


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