Ok, alors on se dit, 9 heures dans un bus (8 en realite), que peut-il bien arriver qui vaille le coup d'etre raconte ? Et bien TOUT ; ou presque.
Alors deja l'arrivee a la gare routiere c'est l'anarchie, y'a des bus dans tous les sens et la on peut se brosser pour se faire comprendre en anglais - et c'est tant mieux. Du coup a force de demander a droite a gauche je finis par comprendre la prononciation de ''Mondolkiri" (c'est moundolkirrri, en roulant le r et en insistant sur la 2eme syllabe, si vous voulez tout savoir), et je finis par trouver le bus. Dedans, la proportion touristes/locaux s'est fortement inversee, on est passe a du 10 pourcent grand max. Je me retrouve assise dans le bus avec mon sac a dos dans les pattes parce que forcement, quand on ne sait dire que mounDOLkirri, on ne comprend pas qu''il y a une soute. Ceci mis a part, c'est le grand luxe : un siege par personne, la clim, des petits rideaux aux fenetres et la tele.
Mais bref, on est parti. Premier arret dans une petite ville qui repond au doux surnom de spiderville, car ses habitants en sont friands. J'avais lu cette info dans mon guenial Lonely Planet et je m'etais dit ''super, c est l occasion ou jamais d'en finir avec mes peurs de ces petites betes somme toute pas mechantes''. Bon. La, il faut que je vous explique. Sur les etals, les araignees sont juste ENOOOORMES, avec leurs huit pattes velues et leur carapace noircie a la friture. Sans rire, c'est des mygales, ces saloperie de bestioles. Et franchement, moi j'en avais rien a secouer qu'elles soient mortes, les garces, rien que de m'approcher j'avais des hauts-le-coeur, alors les prendre dans ma main pour les mettre dans ma BOUCHE... Non mais ca va pas, non ? Et puis surtout, sans dec, si il y en a autant dans leur panier, ca doit vouloir dire qu'il y en a au moins le triple dans les parages !!
C'est la que j'ai realise que j'etais un peu precieuse, et que l'aventure dans la foret amazonienne attendrait.
Nous reprenons la route apres cet arret tout fou. Le paysage ressemble beaucoup a l'Afrique (ou en tout cas l'idee que je m'en fais) : il y a des palmiers, des maisons sur pilotis (typique des maisons khmeres, en realite, mais bon, moi j''y connais rien a l'Afrique en meme temps), et pleins d'animaux : des poules, des vaches maigrichonnes (tu prends Kate Moss, tu lui fais subir une liposucion, tu lui retire 5kg de cartilage et t'as une idee de la tete de la vache), des enfants, des herons... tout, quoi !
Bon je passe vite fait sur le dej a base de pringles et de soupe minute cambodgienne, ainsi que sur les clips de musique cambodgiennes diffuses dans le bus (c'est charmant les 4 premieres heures, mais apres je dois reconnaitre que ca saoule un peu), pour arriver directement a destination : Sen Monorom, dans le MounDOLkirrri.
Premiere chose : c'est magnifique. La terre est rouge comme en Australie (en tout cas l'idee que je m'en fait), il y a de l'espace et la ville est toute choupinette. Deuxieme chose : c'est le nouvel an chinois (depuis je suis arrivee au Cambodge, d'ailleurs, j'ai l'impression que ca ne finira jamais), du coup toutes les guest houses sont completes. Heureusement mon chauffeur magique a fini par m'en trouver une, un peu a l'ecart mais ca va. D'ailleurs je crois qu'il revient me chercher, donc je dois y aller. La chronique gastronomiquesera pour un peu plus tard...

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