08 février, 2011

Jour 7&8 - Bill l'americain et Tania la neerlandaise

Avant-hier, journee detente et creation (du blog), RAS, donc. Par contre hier, journee de ouf.

Je n'etais pas contente de mon experience a dos d'elephant, qui ressemblait surtout a un tour de manege enchante a cheval sur Dumbo, en bien moins confortable et bien plus mauvais pour l'elephant. Mais fort heureusement, j'allais pouvoir remedier a cela. En effet, le destin a lache sur mon chemin un French gentleman, la bonne cinquantaine, que je soupconnais etre journaliste a Figaro ou president du Rottary Club mais qui etait en realite ingenieur en batiment. Il etait arrive quelques jour apres moi a Sen Monorom, il avait essaye de se renseigner sur un projet appele "Elephant valley project" mais s'etait retrouve coince parce qu'il ne parlait pas 3 mots d'anglais. Je lui propose donc de venir faire la traductrice.


Nous allons donc voir la personne la plus renseignee sur le sujet dans la ville : Bill. Bill est un americain, sur la fin de la soixantaine, les cheveux et la barbe blanche, une vrai tete de Pere Noel, mais un pere noel borgne, et qui aurait adopte un petit singe plutot que de s'encombrer de lutins. Il nous explique le principe du projet : Soit tu prends la formule pepere a 50 dollars et tu passe la journee a mater les elephants dans leur milieu naturel, tu les vois manger, jouer, se laver, tout ca ; soit tu prends la formule participative a 25 dollars et tu mates les elephants le matin, et tu travaille benevolement l'apres-midi. Of course, nous sommes tous les deux seduits par la deuxieme formule.
Et c'etait genial. Le matin nous partons, avec une Finlandaise egalement, retrouver les elephants dans leur "paradis" comme les cornacs l'appellent a juste titre. Et nous passons toute la matinee a suivre les elephants, a les toucher, a leur donner a manger... Et pour info, un elephant ca trompe enormement certes, mais surtout ca bouffe enormement ! 10 pourcent de son poids (environ 400kg) par jour, avec sa trompe trop balese composee de 24500 muscles ! J'adooooore les elephants !
Nous remontons dejeuner dans le QG des benevoles longue-duree : 3 maisons sur pilotis reliees par des petites passerelles, avec une vue incroyable sur la foret et des hamacs dans tous les coins. Le temps de dejeuner tranquillement, de faire une petite sieste (quand je vous dis que c'est le paradis !) et l'apres-midi commence.
Notre mission : aider a construire une maison. Ce que cela signifie : transporter des briques d'un gros tas enorme jusqu'a la future maison, sur environ 300m, avec 40-50m de deniveles, de 14h a 16h30. Au debut, on faisait tous nos fiers ("quoi, seulement 6 briques a la fois ? Pffff, ridicule, Hercule, envoie les 8"), on descendait rapidement et bien les uns derriere les autres. Puis plus ca allait, plus on etait lent, plus on etait rouge, et moins notre file indienne ressemblait a quelque chose... A la fin j'en pouvais plus de chez plus, j'avais les bras tout durs, les jambes qui tremblaient a chaque pas, enfin bref, j'etais bien contente de retrouver le hamac... Mais c'etait une super experience.


La journee ne s'arrete pas la. Parce qu'apres cette aventure, une douche froide et 20mn de recup, il faut manger. Je retrouve la Finlandaise et un autre americain, et nous decidons d'aller manger a "Bananas". Ce n'est pas dans le centre, mais nous decidons de marcher un peu. Et Bananas, c'est trop marrant. On debarque par une micro allee bordee de bananiers, on arrive devant une porte, on ouvre, et la, on tombe dans la maison d'une dame tranquillement assise a table en train de fumer sa clope et de lire son bouquin. En nous voyant entrer elle dit, en anglais : "Tiens, je n'attendais plus personne ! Mais entrez, entrez, bien sur que vous pouvez manger". Voici Tania, hollondaise d'origine, Cambodgienne de coeur, autour des 65 balais, maigrichonne comme un hollandaise, fumeuse comme un pompier, des petites lunettes rondes et les cheveux au carre. Elle nous apporte le menu, enfile son tablier, et commence a discuter de la dengue, de la malaria, de la prostitution, des helicopteres, enfin d'un peu tout. Son ordinateur diffuse du blues qui gratte et est ouvert sur une partie d'echec ("I love to beat the crap out of the computer"). Selon Tania, il existe troix oxymores dans le monde : "cuisine britannique", "culture americaine" et "justice cambodgienne" (exit Corneille et son obscure clarte qui tombe des etoiles").
Nous mangeons bien, elle parle beaucoup, puis nous rentrons, en essayant d'eviter les chiens sur le retour ("pour les effrayer il suffit de leur mettre la lampe torche dans les yeux et d'agiter la main, ca les desoriente"). Ce fut un conseil bien vite mis en application...

1 commentaire:

  1. 40-50M de dénivelé.. tu t'est frapper le mont pelé et la tu fait la tapette =P tu me déçoit la frangine !!
    Non pour de bon on sent que tu t'éclate, et ça fait plaisir a lire tout ça =)

    Fait gaffe ( comme d'hab ) et profite a fond, après c'est 6 mois en new zélande..

    Des gros bisou la petite soeur prudente, mais quand même bien aventurière !

    Maxouuu

    RépondreSupprimer